Enrique Granados Goyescas

Lydia Jardon piano

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  • Précisions Goyescas
    I. Los requiebros
    Il. Coloquio en la reja
    III. Fandango de candil
    IV. Quejas o la Maja y el Ruiseñor
    V. El Amor y la Muerte
    VI. Epilogo, Serenata del Espectro
    Seis Piezas Sobre Cantos Populares Españoles I. Añoranza
    Il. Ecos de la Parranda
    III. Vascongada
    IV. Marcha oriental
    V. Zambra
    VI. Zapateado
    Production, Ingénieur du son : Heinz Wildhagen
    Enregistré les 5 et 6 Février 1995
    à Neumarkt/Opf., Reitstadel
    AR RE-SE 2003-5


    Extrait du disque




    Pour en savoir plus Goyescas d'Enrique Granados [Lire...]

Le Monde de la Musique

Janvier 2001
Michel Le Naour

Coup de coeurCe disque enregistré en 1995 et qui ressort sous une nouvelle présentation était relativement passé inaperçu lors de sa parution. Pourtant, la pianiste Lydia Jardon, lauréate de la Fondation Cziffra et du concours Milosz Magin, interprète avec flamme les six Goyescas et les Six pièces sur des chants populaires espagnols de Granados composées autour des années 1910. Sous ses doigts, le flamboiement des couleurs, le dessin mélodique gravé à la pointe sèche prennent un relief saisissant (Fandango de candil). Elle parvient, avec un art consommé de la sensualité et du drame, à dégager toute la sève hispanique contenue dans ces œuvres (Zapateado). Son engagement ne gêne en rien sa capacité à respecter la vigueur rythmique (Epilogo, Serenata del espectro) et les registres de nuances voulus par le compositeur (Los requiebros, El Amor y la Muerte). Un enregistrement assez analytique apporte immédiateté et clarté sonores sans nuire toutefois aux intentions musicales de la soliste. Le états les plus divers de la comédie humaine qu'expriment les toiles de Goya prennent une dimension tour à tour caustique, passionnée, mais avec une retenue stylistique apprise auprès de ses maîtres Milosz Magin et Hüseyin Sermet. Lydia Jardon, d'origine catalane, parle la langue de Granados et se meut avec beaucoup d'aisance dans cet univers au lyrisme très personnel. Elle ne cherche pas à imiter les Goyescas légendaires de Larrocha, ni l'austérité de Ciccolini ou les excès d'imagination de Luisada, la retenue de Del Pueyo ou la poésie impressionniste d'Achucarro dans ces mêmes pages. Son énergie vif-argent est toujours tempérée par une noblesse de ton qui se refuse au pathos et par là même rend ce disque captivant.

Classica

Décembre 2000
Stéphane Friédérich

"Enregistré en 1995, ce disque paraît seulement aujourd'hui, faisant suite à une excellente interprétation par la pianiste de la Sonate n°2 de Rachmaninov. On retrouve avec plaisir la souplesse et la beauté de son jeu dans un répertoire où dominent les interprètes masculins, à l'exception de l'incontournable Alicia de Larrocha. Et c'est bien à elle que l'on songe en écoutant Lydia Jardon, dont les Goyescas respirent des parfums comparables. Chaque pièce est abordée dans un climat différent, parfois davantage dans un esprit fauréen que dans celui d'une pure et futile recomposition du folklore espagnol. Quejas o la Maja y el Ruisenõr équilibre le lyrisme et la confidence et la narration de l'épilogue, la Serenata del Espectro est parfaitement maîtrisée. Les six (sept avec le prélude) Pièces sur des chants populaires espagnols sont un complément intelligent au raffinement des Goyescas : les danses sont à la fois rustiques, brillantes et sans arrière-pensées. Interprétées comme tels, avec d'ailleurs une prise de son plus valorisante, elles montrent deux aspects de la musique de Granados, considéré parfois à tort comme un épigone d'Albeniz. Peut-être Lydia Jardon continuera-t-elle à explorer la musique hispanique, et pourquoi pas sud-américaine ? Ce répertoire lui va à merveille.