Debussy La Mer version piano, L’Isle joyeuse
Ravel Une barque sur l’océan
Vuillemin Soirs armoricains

Lydia Jardon piano

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  • Précisions Debussy La Mer
    (Transcription pour piano : Lucien Garban)
    De l'aube à midi sur la mer
    Jeux de vagues
    Dialogue du vent et de la mer
    Debussy L’Isle joyeuse Ravel Une barque sur l’océan Debussy L’Isle joyeuse Vuillemin Soirs armoricainsAu large des clochers
    Carillons dans la baie
    Appareilllage


    Lydia Jardon, piano

    Durée totale 52'52"
    AR RE-SE 2001-1


    Extrait du disque



    Pour en savoir plus La Mer… [Lire...]

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Juillet-août 2002

Coup de coeurDans le dernier numéro de Piano, le magazine (p. 77), nous diminuions la portée de la transcription pour piano solo de La Mer. Lydia Jardon nous fait mentir, qui enregistre justement cette version de la partition (en première mondiale). Réalisée en 1938 par Lucien Garban, correcteur chez l'éditeur Durand, cette transcription n'est pas totalement irréprochable. Partition d'orchestre en main, certains détails mériteraient d'être précisés, affinés ; pour n'en citer qu'un, le chant des violoncelles débutant le passage en ré bémol du premier mouvement (mesure 32), rendu à la main gauche de rudimentaire façon, bien qu'il soit parfaitement exécutable. Lydia Jardon relève en tout cas le défi. Elle fait vivre cette partition avec la plus grande sensibilité, en privilégiant d'ailleurs une expression maîtrisée et retenue plutôt qu'en se risquant à rendre à dix doigts la richesse d'un orchestre foisonnant, parmi les plus ciselés du répertoire. Tandis que l'orchestre nous fait sentir les embruns et l'ivresse de la houle, le piano solo de Jardon apporte du lointain la sonorité des vagues, comme le vent transporte l'odeur iodée de la mer à l'intérieur des terres. Sans volonté, donc, de faire chavirer l'ensemble dans le tour de force. Outre Une barque sur l'océan et L'Isle joyeuse, toutes deux irriguées par le même souffle poétique, la pianiste ajoute à son programme les Soirs armoricains de Louis Vuillemin, où flottent encore les parfums maritimes. Le projet s'impose, autant par son originalité et sa cohérence que par l'enthousiasme et la poésie qu'y montre Lydia Jardon.

Été 2002
Stéphane Friédérich.

5AR RE-SE (« Celles-là »en langue bretonne) est un nouveau label qui propose des interprétations enregistrées par des femmes. Dans ce premier disque, Lydia Jardon a choisi des « impressions marines »centrées autour de la transcription de La Mer de Debussy par Lucien Garban. Si l'on attend ici une traduction littérale de la partition orchestrale, on se trompe. Les trois épisodes renvoient à l'auteur des Préludes et surtout des Images. c'est en effet entre ces deux cahiers pour le piano que Debussy compose La Mer. L'écriture de Lucien Garban réalise ainsi d'étonnants parallèles avec Reflets dans l'eau et Poissons d'or, qui, nonobstant le caractère aquatique du propos, évoluent dans une frémissante sensualité, un raffinement harmonique étincelant. Lydia Jardon analyse dans le détail autant qu'elle interprète ces trois séquences. Le piano Steinway semblera dur, notamment dans l'aigu, mais le résultat s'avère saisissant de clarté(s). L'Isle joyeuse et la partition de Ravel font preuve d'une analyse tout aussi pénétrante. Lydia Jardon est particulièrement attentive aux changements rythmiques les plus fins. Elle expose les exubérances sans fards, peut-être également sans le souci du mystère ou d'un son trop « préparé » (voir Benedetti Michelangeli). Les Soirs armoricains, dont la pianiste dit fort bien le texte du compositeur, respirent avec un beau sens de l'espace dans un jeu subtil d'harmonies dissonantes. La pulsation presque hypnotique qu'elle en donne rend justice à l'esprit faussement improvisé de ces belles pages.

Classica

Mai 2002
Alain Cochard.

Dès 1905, Debussy livrait une transcription de La Mer pour piano à quatre mains. Trois ans plu tard, Caplet adaptait pour deux pianos la partition de son ami. Ces deux réductions sont relativement connues grâce au disque, à la différence de la version que Lucien Garban signait en 1938. Compte tenu du foisonnement de l'original, l'adaptation pour deux mains a tout d'un défi... que Garban relève de talentueuse manière. Sans doute le dépaysement en territoire familier que provoque cette transcription suppose-t-il quelques instant d'adaptation, mais Lydia Jardon – qui signe une première discographique – a vite fait de convaincre et de capter l'attention au commencement d'un programme aussi cohérent qu'original, structuré autour du thème de la mer. A ceux qu connaissent déjà ses superbe Rachmaninov (Sonates nos.1 et 2), Granados (Goyescas) et Chopin (Préludes), on ne peut que recommander de faire à nouveau confiance à la pianiste française. Une barque sur l'océan, emportée dans une vaste respiration et sans l'ombre d'un temps mort, et L'Isle joyeuse sculptée, onirique à souhait (avec pour contrepartie une couleur d'ensemble que l'on voudrait par instants un peu plus scintillante) soutiennent la comparaison avec de grandes versions. Toutefois, outre la transcription de La Mer, ce sont les Soirs armoricains de Vuillemin (inédits au disque) qui font d'abord l'intérêt de ce programme. Elève de Fauré, Vuillemin (1879-1929) est à la Bretagne ce que Séverac fut au Languedoc. Debussy disait de l'auteur de Cerdaña que sa musique « sent bon » : on pourrait en faire autant avec les Soirs armoricains. Le jeu ample et timbré mais aussi très lisible de l'interprète rend justice à des page riches et contrastées (splendide Appareillage conclusif !).

Le Monde de la Musique

Mai 2002
Michel Le Naour

Organisatrice depuis 2001 des Rencontres de musiciennes de l'île d'Ouessant, la pianiste d'origine catalane Lydia Jardon, dont on avait remarqué l'interprétation des Goyescas de Granados (Le Monde de la musique, janvier 2001), consacre ce nouvel enregistrement au thème de la mer. De La Mer de Debussy, on connaissait la réduction pour piano à quatre mains (celle, en particulier, du Duo Crommelynck-Claves), mais Lydia Jardon, en première mondiale, nous révèle la transcription pour piano seul de la partition d'orchestre, réalisée en 1938 par Lucien Garban (1877-1959), correcteur chez l'éditeur Durand, proche de Ravel et familier de cet exercice à haut risque. Les trois pièces extraites des Soirs armoricains de Louis Vuillemin, composées entre 1913 et 1918, nous font découvrir un musicien dans la mouvance de Paul Le Flem ou Paul Ladmirault, précurseur d'Olivier Messiaen par le jeu des timbres et les agrégats sonores (Carillons dans la baie, Appareillage). Plus traditionnelles, les pages comme Une barque sur l'océan de Maurice Ravel et L'Isle joyeuse de Debussy achèvent de donner sa cohérence à l'ensemble. Lydia Jardon ne se contente pas, par son jeu superbement suggestif, de nous faire respirer les embruns, mais lit elle-même les textes qui accompagnent les Soirs armoricains de Vuillemin. Ce disque exigeant, original par ses choix, convainc d'autant plus que la prise de son est très naturelle.