Non, elle n'est pas Ouessantine. Mais elle en est l'une des figures aujourd'hui incontournable La pianiste Lydia Jardon organise dans d'Ile depuis trois ans un festival de musique où la femme tient le haut de l'affiche. Dans "l'Ile des femmes" cet été, du 2 au 10 août, elle fera revivre la musique d'Alma Mahler et d'Hélène de Montgeroult avec un plateau de musiciennes des plus solide.
Féministe militante Lydia Jardon ? A dire vrai je ne le crois pas, même si elle a créé un label "AR RE-SE" (autrement dit traduit du breton au français : "celles-là") réservé aux femmes. Non, elle est d'abord musicienne ! Avec un tempérament de battante et une envie de montrer qu'elle peut s'attaquer aux partitions les moins courues avec une sensibilité "féminine" qu'elle ne renie pas et qui illumine.la musique.
Voici deux enregistrements qui méritent plus que le détour. Il faut s'y arrêter pour apprécier le jeu clair, précis et poétique de Lydia Jardon dans les Goyescas de Granados et des pièces sur des airs populaires espagnols. Il faut aussi prendre son temps pour sentir la complicité qui l'unit à sa soeur Mireille dans un programme d sonates anglaises contemporaines pour violon et piano (Bridge, Britten et Rawsthorne) et apprécier cette musique a due qu'elles rendent accessible à tous.
Lydia Jardon ne fait pas partie des monstres sacrés et surmédiatisés du piano. Mais elle avance dans le dur métier de soliste avec talent, droiture et force. Une force qu'elle a certainement en partie puisé dans ses séjours ouessantins.
Enrique Granados, Goyescas et Six pièces sur airs populaires espagnols. Lydia Jardon, piano (1 CD AR RE-SE)
English Impressions, sonates pour piano et violon de Bridge, Britten et Rawsthorne. Lydia Jardon, piano et Mireille Jardon, violon. (1 CD AR RE-SE, distribution Codaex).